Modes d’alternances et consolidation démocratique en Afrique

Publié en février 2017

Plus de deux décennies après l’enclenchement historique de la « sortie des autoritarismes » en Afrique, les processus démocratiques au sud du Sahara continuent d’alimenter la réflexion en science politique. Depuis ces transitions politiques, la principale préoccupation, aussi bien dans le milieu scientifique que dans le monde politique, est celle de la consolidation démocratique. L’idée de consolidation « pose la question de l’irréversibilité du changement démocratique »2. Elle pose aussi la problématique de la définition de la démocratie. La plupart des chercheurs en science politique appréhendent la démocratie dans sa conception minimaliste popularisée par Joseph Schumpeter3. Selon cet auteur, « la méthode démocratique est le système institutionnel aboutissant à des décisions politiques dans lequel des individus acquièrent le pouvoir de statuer sur ces décisions à l’issue d’une lutte concurrentielle portant sur les votes du peuple »4. En suivant cette approche, la consolidation démocratique renvoie « au processus d’institutionnalisation des règles qui permet la répétition des élections »5. Les consolidologues considèrent ainsi que la démocratie est consolidée lorsqu’elle devient dans un Etat « the only game in town », c’est-à-dire « la seule règle du jeu »6. C’est dans cette optique que Guy Hermet soutient que « la démocratie est consolidée lorsqu’elle devient le régime sans alternative réellement imaginable aussi bien pour les élites que pour l’immense majorité des membres d’une société »7.

Abdoul Karim SAIDOU
Docteur en science politique Assistant à l’Université Ouaga 2, Burkina Faso


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